Transition agroécologique

Niveau d'echelle :

Synonyme(s) : TAE

Equivalents étrangers : Transition to agroecology (en)

Définition :

La transition désigne le processus par lequel les principes qui régissent un système sont modifiés de façon radicale, entraînant un ensemble de changements concernant autant les valeurs des acteurs que les techniques qu’ils utilisent. Sa durée varie de quelques années pour une unité de production, à plusieurs décennies pour un secteur d’activité ou la société dans son ensemble. Une transition est un processus complexe car un système en place est généralement verrouillé par la cohérence, construite au fil du temps, entre les techniques, les habitudes des acteurs, la réglementation, etc… Lever ces verrous nécessite des actions collectives telles que celles du management des transitions, et l’adoption d’une stratégie chemin-faisant dont les fins et les moyens sont reconsidérée chaque fois que nécessaire au cours du processus de transition.

La transition agroécologique désigne un changement de modèle agricole pour mettre en œuvre les principes de l’agroécologie et répondre ainsi aux crises que traverse ce secteur. Elle repose, en particulier, sur i) la création et mobilisation de savoirs issus de l’agroécologie, ii) l’engagement des acteurs (agriculteurs, conseillers agricoles…) dans la construction de ces savoirs pour une adaptation aux territoires, et iii) la territorialisation de l’agriculture impliquant notamment une reconnexion de la production agricole avec l’alimentation locale.

Cette transition se traduit par une co-évolution de changements techniques et sociaux du secteur agricole, dépendant de ceux liés à l’alimentation (habitudes alimentaires, réglementation…) ou l’énergie. Par exemple, l’adoption d’une nouvelle légumineuse dans une rotation de cultures peut être entravée par l’absence d’habitude de consommation de cette légumineuse. La transition agroécologique fait l’objet de nouveaux modes d’accompagnement des acteurs, d’autant plus nécessaires qu’elle se confronte à une multiplicité d’opérateurs, tant en nombre (des milliers d’exploitations agricoles) qu’en métiers (de l’agriculteur au responsable de la restauration collective) ; ainsi qu’à la complexité des verrous à lever comme, par exemple, la nécessité de diversifier la production agricole dans un territoire spécialisé.

Publié le 16 juin 2017

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