Rusticité des races

Niveau d'echelle :

Equivalents étrangers : Breed hardiness (en); Rusticidad de las razas (es)

Brebis Mourerous
Crédit photo : Michel Meuret
Définition :

Une race rustique au sens large est une race qui a peu d’exigence, demande peu de soins et peut assurer la pérennité du troupeau et enchaîner les cycles de production tout en vivant dans des conditions où la ressource alimentaire est aléatoire. Un animal “rustique” a donc une capacité particulièrement développée à explorer l’espace à la recherche de ressources nutritives et à adapter son comportement en fonction de ces ressources. Ces races mettent généralement bas sans que l’aide de l’éleveur ne soit nécessaire, comme cela peut être le cas pour d’autres races plus spécialisées.

Le terme de « rusticité » des races fait cependant débat au sein de la communauté scientifique et parmi les professionnels de l’élevage : certains y voient un aspect génétique, d’autres préfèrent parler de caractères acquis par apprentissage.

Actuellement, la dimension génétique est fondamentale pour caractériser la rusticité des races. La sélection génétique, soit en intégrant des critères liés à la rusticité, soit en étant réalisé dans des milieux à contraintes, peut ainsi préserver le capital “rusticité” de la race, mais également l’améliorer.

Le rôle des facteurs d’apprentissage a également été démontré, donnant un rôle important à l’éleveur. La performance d’individus d’une même race dans des contextes différents tend en effet à prouver qu’une part de la rusticité peut être “acquise”.  Pour cela, l’éleveur met en œuvre des pratiques qui favorisent l’apprentissage de ses animaux pour utiliser les ressources à leur disposition.

En résumé, les races dites rustiques sont adaptées à des milieux à contraintes et aux ressources limitées et peuvent évoluer au sein de ceux-ci. Leurs aptitudes sont un bon compromis entre résistance et performance, et la mobilisation de ces animaux permet de diminuer les quantités d’intrants utilisés en élevage. Cette gestion durable de l’élevage s’inscrit ainsi dans une perspective agroécologique.

Publié le 02 septembre 2016
Références bibliographique :

Séverine DABADIE, Christiane ETCHEZAHARRETA (collab.). 2016. BERGERS BASQUES / EUSKAL ARTZAINAK – ENTRE DEUX MONDES / BI MUNDUREN ARTEAN. Un livre de photographies sur le pastoralisme basque aujourd’hui. Elkar édition, Collection Ondarea. p. 224. https://www.youtube.com/watch?v=5P-xNZIJWj8&feature=youtu.be

DENIS B, 2010. La “rusticité”, un concept difficile à définir et qui a ses limites. Réussir Pâtre, n°575, pp.40.

PETIT M., AGABRIEL J., D’HOUR P., GAREL J.P., 1994. Quelques caractéristiques de races bovines allaitantes de type rustique. Productions animales, n°7, pp. 235-243.

SAUVANT D, MARTIN O, 2010. Robustesse, rusticité, flexibilité, plasticité … les nouveaux critères de qualité des animaux et des systèmes d’élevage: définition systématique et biologique des différents concepts. INRA Prod. Animales 2010, 23 (1).  pp. 5-10.

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