Autonomie dans les systèmes agricoles

Niveau d'echelle :

Equivalents étrangers : Autonomy in agricultural systems (en); Autonomía en los sistemas agrícolas (es); Autonomie in landwirtschaftlichen systemen (de)

Définition :

L’autonomie se définit comme la capacité d’indépendance d’un acteur et/ou d’un système par rapport à l’extérieur. Ce concept renvoie aux marges de manœuvre et interactions d’un acteur et/ou d’un système par rapport à son environnement. Dans les systèmes agricoles, l’autonomie est souvent abordée à l’échelle de l’exploitation agricole. Elle interroge la dépendance aux ressources externes du système (semences, engrais, aliments du bétail, mais aussi technologies, …). Au cours des dernières décennies, l’intensification des systèmes agricoles s’est traduite par une perte d’autonomie liée à l’augmentation de la productivité, la spécialisation et la taille des exploitations agricoles. L’agroécologie propose de remettre l’autonomie au cœur des systèmes, comme valeur fondatrice et comme levier pour l’action en favorisant les échanges internes. Un système agroécologique est moins dépendant d’intrants et d’échanges externes car il mobilise la diversité biologique et les processus naturels. Différentes formes d’autonomie (alimentaire, financière, décisionnelle, …) peuvent être envisagées à différents niveaux d’organisation. Nous présentons deux exemples d’autonomie technique et socio-économique.

En agroécologie, d’un point de vue technique, l’autonomie alimentaire du troupeau occupe une place prépondérante dans la gestion du système. L’enjeu est de concevoir des systèmes d’alimentation basés sur les ressources produites localement. L’autonomie alimentaire du troupeau est un moyen de redonner à l’agriculteur des marges de manœuvre par rapport aux intrants. Elle peut se raisonner à l’échelle de l’exploitation agricole mais également à l’échelle de petits territoires là où s’organisent des échanges de matières entre agriculteurs.

En agroécologie, d’un point de vue socio-économique, l’autonomie est revendiquée comme une valeur fondatrice pour certains agriculteurs qui cherchent à s’affranchir du rôle prédominant des acteurs para-agricoles (banques, industries, recherche, …). Il s’agit de valoriser les ressources locales disponibles pour recréer d’autres systèmes d’échanges entre acteurs partageant des valeurs communes. Cette vision de l’autonomie plus politique porte une conception de l’agriculture devant rester aux mains des agriculteurs. Envisagée à l’échelle du territoire, elle associe producteurs et citoyens-consommateurs pour la construction de systèmes agro-alimentaires locaux.

Publié le 27 juin 2017
Références bibliographique :

Autonomie
Dictionnaire Larousse. Définition autonomie. En ligne, consultée le 27 juin 2017.

Réseau de l’agriculture paysanne (FADEAR). Autonomie. En ligne, consultée le 27 juin 2017.

Autonomie Alimentaire des élevages
Réseau de l’agriculture paysanne (FADEAR). L’autonomie alimentaire en élevage. En ligne, consultée le 27 juin 2017.

Thénard V., Pagès Y., Delmas B., Choisis J-P., Magne M-A. 2014. Une démarche participative de Diagnostic d’Autonomie pour une re-Conception Agroécologique des élevages de Ruminants (DACAR). Rencontres Recherches Ruminants, 2014, 21, pp123-123.

Thénard V., Charmeau A., Triboulet P., Martin G., Ryschawy J. 2016. Enjeux et échelles pertinentes pour développer l’autonomie alimentaire de systèmes d’élevage plus agroécologiques. Rencontres Recherches Ruminants, 2016, 23, pp105-108. :

 Autonomie et Transition 
P.M. Stassart, Baret Ph., Grégoire J-Cl., Hance Th., Mormont M., Reheul D., Stilmant D., Vanloqueren G., Visser M. 2012. L’agroécologie : trajectoire et potentiel – Pour une transition vers des systèmes alimentaires durables. «Agroécologie entre pratiques et sciences sociales». D.Van Dam, J. Nizet, M. Streith et P.M. Stassart (eds.). Educagri éditions, collection Repères.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.