Allélopathie

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Définition :

L’allélopathie est l’ensemble des interactions biochimiques réalisées par les plantes entre elles, ou avec des microorganismes.

L’origine du mot vient du grec allelo (“l’un l’autre”) et pathos (“souffrance”, “affect”). Ainsi l’étymologie du mot sous-entend que ces interactions sont négatives : compétition pour les ressources, mécanismes de défense. L’acception actuelle de l’allélopathie inclut également des interactions positives, comme les phénomènes de coopération ou la stimulation des microorganismes. Ces interactions se font par l’intermédiaire de composés dits allélochimiques, libérés par la plante dans son milieu. Le plus souvent, ces composés sont des métabolites secondaires et appartiennent à des familles biochimiques très variées. Ils peuvent être libérés par les racines (exsudation), par les parties aériennes (lixiviation, volatilisation) ou encore par la décomposition des résidus de la plante morte.

L’allélopathie est connue depuis plus de 2000 ans. Observée dans les systèmes forestiers, notamment via les jeux de dominance et de succession des essences forestières, on commencera à lui donner un nom et à la définir dans les années 1930. Très vite, on réalisera que ces interactions existent aussi dans tout le monde végétal et notamment chez nombre de plantes cultivées, d’où les recherches actuelles sur l’allélopathie en agriculture.

Aujourd’hui, l’allélopathie est principalement reconnue pour son intérêt dans la maitrise du salissement des parcelles (effet inhibiteur sur la germination et la croissance des adventices). Elle est utilisée dans les rotations des cultures, en interculture avec les couverts végétaux, en mulch ou encore au travers de bioherbicides.

Dans une perspective de conduite agroécologique des cultures, l’allélopathie est particulièrement intéressante car elle permet de limiter les interventions de désherbage, et jouerait parfois aussi un rôle dans la lutte contre les ravageurs et les agents phytopathogènes (pratique de la biofumigation).

Publié le 19 décembre 2018
Références bibliographiques :

Gfeller A. & Wirth J. 2017. Les cultures intermédiaires allélopathiques : un moyen de lutte contre les adventices ? Innovations agronomiques volume 62, pp 33-41. dx.doi.org/10.15454/1.5174021577893735E12

La France Agricole. 2002. Allélopathie : vers une utilisation du phénomène au champ.  Consulté le 16/10/18

Regnault-Roger C., Philogene B. Jr, Vincent C. 2008. Biopesticides d’origine végétale (2e éd), Lavoisier édition. 546 p.

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